Jardin botanique, Budapest
Jardin botanique, Budapest
Entre Split et Dubrovnik, Croatie
Il est des groupes dont l’énergie tout entière dépend de la figure centrale du chanteur, d’autres qui en revanche naissent de la force des membres qui le composent. Erik Sumo Band fait résolument partie de la dernière catégorie. Composé de 7 personnalités différentes, ce groupe Hongrois écume les salles de concert sans jamais les trouver vide…

À l’origine il y avait Erik Sumo de son vrai nom Ambrus Tövisházi. Artiste prolifique et polymorphe, accro aux pseudonymes et aux nouvelles expériences. Songwriter, chanteur, producteur, DJ sur une radio populaire de Budapest, Ambrus s’éclate aussi sur son clavier. Psychédélique jusqu’au bout des ongles, il aime flirter avec le surréalisme et l’expérimental. On lui doit d’ailleurs la bande originale d’un film de Peter Gordos sur le Père Noël. C’est dire si l’homme a l’air louche.
La bande de joyeux lurons qui l’entoure n’a rien à lui envier. Côté féminin le casting est d’ailleurs aussi incohérent qu’intéressant. À ma droite, Veronika Harcsa diva Jazz au physique solaire connue pour ses reprises langoureuses de bossa nova. À ma gauche, Erzsi Kiss, véritable star hongroise au teint diaphane et aux chorégraphies contemporaines, adepte comme nos amis Islandais de Sigur Ros du chant en langue imaginaire…
Le septuor basé à Budapest aime dynamiter le Sziget festival (ndlr : le plus grand festival de musique en Europe), choisir ses premières parties avec goût (en décembre dernier Wax Taylor ouvrait leur concert), et sort son nouvel album dans quelques mois… Les mélodies pop-rock (My Rocky mountain) flirtent alors avec des morceaux plus jazz, tandis que d’autres s’affirment très nettementcinématographiques. Hommage à Monsieur Ennio Morricone s’il vous plaît ! ( This is where it began).
En outre si Erik Sumo Band étonne par sa composition, il surprend aussi par les grands écarts que font ses tracklists, par ce souci constant du décalage. La presse ne cesse de le rappeler : Erik Sumo aime voyager, sa musique est sans nul doute une véritable invitation au voyage…
La BNF perd quelques couleurs pour se revêtir de noir et blanc. Et pas n’importe lequel. La rétrospective Michael Kenna, éminent photographe et voyageur accompli, occupe les lieux parisiens jusqu’à fin janvier 2010.
On dit de la photographie en noir et blanc qu’elle est intemporelle. Qu’elle efface les imperfections, adoucit les traits, rend l’objet photographié beaucoup plus intense. Caractéristiques impérieuses que l’on retrouve sans aucun doute chez le photographe anglais Michael Kenna. La BNF, cette fois-ci bien éclairée, lui consacre durant quatre mois ses murs. On y retrouve les 210 clichés les plus parlants de son travail : paysages industriels, centrales nucléaires, décors nippons et autres merveilles en papier glacé. Une perspective idéale pour admirer l’évolution de son style, pour pénétrer dans l’atmosphère mystique qui se dégage de ces paysages où la présence humaine n’est que fantasmagorique. L’exposition voyage de 1995 à nos jours, de l’Angleterre industrielle ( The Rouge) à la douceur évanescente du Mont Saint-Michel.
Installé depuis quelques années déjà dans l’Oregon américain, Michael Kenna se distingue par l’extrême minutie qu’il développe lors des tirages de ses clichés. Alors que certaines personnes balayent cette étape, pour le photographe originaire du Lancashire en Angleterre elle est une condition sine qua non de son art, un temps à part, un autre monde.
Et en matière de temps, Kenna ne lésine pas. Loin de la frénésie du paparazzi, il avoue attendre des heures que la photo se fasse, que le paysage s’offre à l’objectif. Le résultat est surprenant de pertinence et d’émotion. Avec quelques lignes, quelques jeux de lumière, il redessine les lieux, stylise les domaines du rêve et fait de la photographie, selon ses propres termes, un haïku. De fait son travail dégage une alchimie proche de la perfection comme si la 2D transpirait la sensibilité. Il y a sans nul doute quelque chose de sacré au royaume de Kenna !
Michael Kenna. Rétrospective
Du 13 octobre 2009 au 24 janvier 2010 Bibliothèque nationale de France, site Richelieu.
publié sur OP
Tour lactée
Il a remixé Jamie Lidell, Adam Kesher ou encore Grand National, Mondkopf (“tête de lune” en allemand) aime les films de Gus Van Sant, le son de Boards of Canada et les photos d’Amy Stein. Du haut de ses 22 ans, il nous invite avec son premier LP Galaxy Of Nowhere dans son univers lunaire maculé de synthé…
En surfant nonchalamment sur les blogs musicaux, deux solutions s’offrent généralement à vous : se faire renverser par de la house modeuse et aimer son orgasme fulgurant ou bien se laisser emporter par un morceau aux contours anguleux. Un son dont on se délecte que plus tard grâce à la magie invisible du ramdom. Paul Régimbaud alias Mondkopf fait résolument partie de la seconde catégorie.
On accroche d’abord sur ce nom de scène ma foi très énigmatique surtout lorsque l’on a fait espagnol LV2 au lycée… On se reprend deux ou trois fois sur l’orthographe exacte, sur la place stratégique du K, sur l’entremêlement des deux consonnes p et f. Puis une fois, le premier contact pris, on savoure une electro parfois club (“Lambs are dancing”), parfois planante (“La Dame en bleu”), ou parfois plus qu’introductive (“Speaking with the noise”). On s’énerve que certains remixes soient meilleurs que les copies originales elles-mêmes, “Hey you” de Pony Pony run run pourrait ainsi servir d’exemple.
La musique de ce jeune toulousain ressemble aux montagnes russes que l’on trouve à Coney Island. Dans la moiteur pastel de ce décor de film où les sons immortalisent des cartes postales vieillies comme des vieux films polaroid, Mondkopf attaque à 90 comme à 170 bpm. Il nous secoue les articulations et nous fait flirter avec le presque hérétique-christique “Ave Maria”, pour la seconde d’après nous bercer avec un piano timide.
On n’entre pas chez Mondkopf n’importe comment, mais surtout on n’en ressort pas sans quelques étoiles bien perchées au niveau du conduit auditif. On aime bien Mondkopf au final. Son minois encore adolescent, sa manière de décrire sa musique comme d’abord une affaire d’émotions, sa fraîcheur, ses copains fluorescents… On se dit que la French touch a encore de beaux jours devant elle…
publié sur Original platypus
La magie de la mode et l’anatomie
Montrer les cuisses oui, mais les genoux jamais !
© Gabrielle Chanel