Kenna: Le noir et blanc haut en couleurs
La BNF perd quelques couleurs pour se revêtir de noir et blanc. Et pas n’importe lequel. La rétrospective Michael Kenna, éminent photographe et voyageur accompli, occupe les lieux parisiens jusqu’à fin janvier 2010.
On dit de la photographie en noir et blanc qu’elle est intemporelle. Qu’elle efface les imperfections, adoucit les traits, rend l’objet photographié beaucoup plus intense. Caractéristiques impérieuses que l’on retrouve sans aucun doute chez le photographe anglais Michael Kenna. La BNF, cette fois-ci bien éclairée, lui consacre durant quatre mois ses murs. On y retrouve les 210 clichés les plus parlants de son travail : paysages industriels, centrales nucléaires, décors nippons et autres merveilles en papier glacé. Une perspective idéale pour admirer l’évolution de son style, pour pénétrer dans l’atmosphère mystique qui se dégage de ces paysages où la présence humaine n’est que fantasmagorique. L’exposition voyage de 1995 à nos jours, de l’Angleterre industrielle ( The Rouge) à la douceur évanescente du Mont Saint-Michel.
Installé depuis quelques années déjà dans l’Oregon américain, Michael Kenna se distingue par l’extrême minutie qu’il développe lors des tirages de ses clichés. Alors que certaines personnes balayent cette étape, pour le photographe originaire du Lancashire en Angleterre elle est une condition sine qua non de son art, un temps à part, un autre monde.
Et en matière de temps, Kenna ne lésine pas. Loin de la frénésie du paparazzi, il avoue attendre des heures que la photo se fasse, que le paysage s’offre à l’objectif. Le résultat est surprenant de pertinence et d’émotion. Avec quelques lignes, quelques jeux de lumière, il redessine les lieux, stylise les domaines du rêve et fait de la photographie, selon ses propres termes, un haïku. De fait son travail dégage une alchimie proche de la perfection comme si la 2D transpirait la sensibilité. Il y a sans nul doute quelque chose de sacré au royaume de Kenna !
Michael Kenna. Rétrospective
Du 13 octobre 2009 au 24 janvier 2010 Bibliothèque nationale de France, site Richelieu.
publié sur OP
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intemporelle….
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