Le Csendes ( calme en hongrois ) était autrefois un grand restaurant. De ce dernier, il ne reste guère plus que les colonnes de marbre anis et son nom très poétique.

À deux pas de l’université budapestoise ELTE et juste devant la célèbre friperie Retrock, ce bar d’étudiants branchés à la déco très éclectique bénéficie d’une hauteur de plafond presque insolente et d’une ambiance avant-garde alternative particulièrement sympathique. Le lieu a été littéralement offert à l’imagination débordante des jeunes artistes hongrois et ceci à l’image des Kerts tels que l’Inztant ou le Szimpla.Tables en chêne, nappes dépareillées, petits cochons suspendus au plafond, vieilles plaques de rue aux murs… L’endroit rêvé pour siroter une limonade fraîche entre deux boutiques de fringues…

Csendes / V. Ferenczy István utca, 7

2 years ago by theplayhouse  #Chronique 

Trio chevelu

Ils sont trois, se sont affublés de noms qui sonnent légèrement familiers, portent des pulls monstrueusement eighties et chantent en anglais: Ce sont les Naïve New Beaters. Une pop rock-électro acidulée et un style décalé à la Sacha Baron Cohen. Ils ont dynamité les Solidays et comptent bien occuper le paysage musical français avec leur premier album intitulé Wallace. Oui ou non ?

Naïve New Beaters

Oui.
D’abord parce qu’effectivement comme le dirait le chanteur lui-même: leurs habits en concert, sont vraiment des habits “d’étincelle”. Tu ne vois que ça, tellement c’est différent, tellement c’est assumé, tellement c’est eux. Leur style, c’est d’abord de raconter n’importe quoi pendant les interviews, d’être excentriques, survoltés sur scène.. D’ailleurs, allez savoir pourquoi le chanteur alias David Boring s’évertue à parler pendant des heures avec un accent américain, confondant ainsi les genres et oubliant les partitifs. Quand on leur demande de définir au plus près leur musique, la réponse quoique très précise, laisse songeuse: “Nous, on fait de la pop rapée avec des sentiments chaloupés”. D’accord et pour les chorégraphies? ” On a des chorés milimétrées, comme du papier milimétré”. On retiendra dès lors, le sens de la formule et l’imagination fleurie de ses jeunes chevelus. Côté musical, si Bang Bang ressemble plus à du bruit, la chanson ” Get love” , elle, est en revanche un tube parfaitement calibré pour faire danser les fluokids et autre blogs musicaux tendances.
Quant à leurs vidéos, le trio de comiques, pardon, je voulais écrire de chanteurs, a clairement misé sur le style Simian. Des clips visuels qui tournent essentiellement sur une astuce: des miroirs, des coups de poing intempestifs… Le résultat fonctionne assez bien surtout lorsque l’on apprend que leur clip de Live Good ne leur a coûté que 600 euros.

Non.

Parce que c’est quand même un peu énervant de les retrouver partout cet été.
Le 3 juillet à Belfort ; le 11 aux Francofolies de La Rochelle ; le 17 à Biarritz ; le 18 aux Vielles Charues  et même le 16 août à Budapest au gigantesque festival Sziget… et que de fait on se demande si leurs pulls et leur strass feront long feu.
Mais on leur souhaite, on est gentil chez OP.

- Naïve new beaters /  Wallace chez Cinq7


Chronique écrite pour Original Platypus

pic © Julot Bandit

2 years ago by theplayhouse  #chronique  1 note

Debout peu importe le prix

Le souffle est court et chaud. Sous moi, le monde agonise à feu doux. Cajolé par des flammes rouges, jaunes et bleues. Les rouges réveillent la colère, les jaunes la lâcheté et les bleues, les maux. Agrippés à ces couleurs drapeaux, à cette triade funeste, on se laisse bercer, on s’ignore, on se bat contre des fantômes.
Tu me voyais bleue parce que j’étais incandescente sous tes paumes. Et au fond de tes pupilles se redessinaient les champs de bataille que tu avais abandonnés. Les épées ensanglantées par les cris d’ennemis divers. Les corps aussi nus que vulnérables livrés à l’inconnu.
Tu crois que c’est étrange d’écrire son testament alors qu’on n’a pas encore vingt ans?

Sur ce sol, la poussière des corps qui se sont aimés gratuitement sans avenir. Un repos absenté par la paix. Pauvres Sisyphes. Tu aimes la saveur de l’amer? Le goût acre de ta lâcheté le long de tes papilles?

Je dessine les contours de ce nouveau destin vers lequel je trébuche. C’est ça, le premier jour. On ose regarder enfin les courbes de son pied s’imprégner sur les souvenirs hachurés. La peur d’effacer les preuves est anéantie tout d’un coup par l’élan que prend la jambe en se lançant dans le vide. On s’imagine les prochains pas comme une valse sans fin mais la nausée est latente et rattrape le corps dévoré jusqu’à la moelle.


On s’arrête. Le premier jour est fini.

2 years ago by theplayhouse  #Chronique 

Il vaut mieux prêter à sourire que donner à réfléchir


La philosophie n’est pas réservée à messieurs Nietzsche, Bachelard et autres Bergson. La pub se fait elle aussi souvent le chantre de la spiritualité et de la métaphysique. La vulgarisation philosophique à portée de téléviseur, en somme.

Ainsi une marque de shampoing affirme que “La vie n’attend pas”, une multinationale qui propose des cosmétiques assure qu’ “on le vaut bien”, et pendant qu’une griffe de sportswear dont le nom est issu de la mythologie grecque ordonne “just do it”, une autre basée à Bolton en angleterre joue les psy avec leur slogan” I am what I am”. Il y a des types qui sont payés des briques en or pour sortir des phrases comme ça de leur cerveau. Je vais me reconvertir.

2 years ago by theplayhouse  #chronique 

je préfère quand tout va bien

Ricoeur avait surment raison. Etre soi-même avec autrui ne relève pas de l’anodin mais de la construction.
Accepter d’être soi avec soi et devant les autres surtout: nouvelle étape dans ce procès de soi et d’autrui.
Ca semble anodin et pourtant.

À l’usage de tous:

“Le dialogue intérieur que nous entretenons avec nous-mêmes est ce qui soutient notre ego, nous permet de savoir qui nous sommes ou qui nous voulons être. Il consiste en des commentaires sur ce que nous vivons ainsi que sur nos émotions ressenties.
Il existe différentes façons de s’entretenir avec soi-même. On peut enjoliver les choses et se bercer d’illusions. Cela dispense d’agir et de progresser. On peut aussi pratiquer l’autocritique acerbe. On peut aussi pratiquer l’une ou l’autre forme en étant trop complaisant sur certains point et trop critique sur d’autres. Enfin, on peut faire barrage à son dialogue intérieur et devenir, si on réussit trop bien, un inconnu pour soi-même.”

Demain, on pensera soi.

6 years ago by theplayhouse  #chronique